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Tom Tebbutt : Place au « grawse »

16 Juin 2015
Écrit par: Tom Tebbutt
Écrit par: Tom Tebbutt
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Il y a quelques décennies, le légendaire journaliste sportif canadien Trent Frayne a couvert Wimbledon pour The Globe and Mail.

Dans toutes ses dépêches en provenance du All England Club, Frayne s’amusait avec la façon dont les Britanniques prononcent le mot « grass » (gazon) et utilisait toujours la graphie « grawse » lorsqu’il parlait de la surface sacrée.

Et ce mot revenait souvent, car la surface de Wimbledon est au cœur du tournoi, étant très différente des autres et si rare sur le circuit.

Cela a un peu changé cette année avec l’ajout d’une semaine supplémentaire entre Roland-Garros et Wimbledon. Les joueurs ont maintenant une semaine pour se remettre de Roland-Garros, une semaine pour participer à un tournoi du Circuit 500 de l’ATP à Halle (Allemagne) et au Queen’s Club (Londres) et une semaine pour peaufiner leur jeu et relaxer avant les Championnats. Cette semaine, tous les grands noms, à l’exception du numéro un mondial Novak Djokovic, sont à Halle ou au Queen’s Club.

Pour les femmes, il y a également trois semaines entre les deux Grands Chelems et deux tournois « Premier » en Angleterre : cette semaine à Birmingham avec Simona Halep, Ana Ivanovic, Carla Suarez Navarro, Angelique Kerber et Eugenie Bouchard, et la semaine prochaine à Eastbourne (depuis 1974), mettant en vedette Petra Kvitova, Bouchard, Caroline Wozniacki, Agnieszka Radwanska, Svetlana Kuznetsova et la championne en titre Madison Keys.

Comme d’habitude, Serena Williams, Maria Sharapova et Venus Williams ne participeront pas à des tournois préparatoires.

Le « grawse », disons le gazon, aura certainement une influence sur le jeu de Bouchard et de Milos Raonic, qui a remporté son premier match 5-7, 6-3 et 6-2 au Queen’s Club, lundi, contre le Britannique James Ward. Il y a un an, à Wimbledon, Bouchard a connu un magnifique parcours vers la finale, tandis que Raonic s’est frayé un chemin vers le carré d’as et Roger Federer, champion à sept reprises.

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Depuis qu’elle a remporté les épreuves juniors de Wimbledon en 2012 et qu’elle a vaincu Ana Ivanovic 6-3 et 6-3 à ses débuts sur le court central, Bouchard admet que Wimbledon est son tournoi préféré.

Raonic n’avait jamais eu la partie facile – il n’y avait joué qu’une seule fois chez les juniors, ayant atteint le deuxième tour en 2008 après avoir traversé le tableau des qualifications.

Après, il n’avait pas gagné plus d’un match – bien qu’il n’ait pas joué de chance avec sa blessure à la hanche au deuxième tour de 2011 – avant l’an dernier alors qu’il franchissait cinq tours pour accéder à la demi-finale.

En 2014, il avait perdu son seul match préparatoire contre l’Allemand Peter Gojowczyk, à Halle (après avoir été quart de finaliste à Roland-Garros), mais a finalement trouvé pied sur le gazon en battant Matthew Ebden, Jack Sock et Lukasz Kubot sans perdre son service. En huitièmes et en quarts de finale, il a eu raison de Nick Kyrgios et de Kei Nishikori en quatre manches, ne concédant son service qu’une seule fois par duel.

Son parcours s’est arrêté en demi-finale lorsqu’il a perdu 6-4, 6-4 et 6-4 aux mains de Federer, mais il n’était pas dans une position confortable – évoluant pour la première fois dans le sacro-saint terrain principal contre une légende de Wimbledon!

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La semaine dernière, dans un communiqué de presse de Wimbledon, on pouvait lire que la taille du gazon des Championnats est de 8 mm et que la surface était composée à 100 % d’ivraie.

Il y avait une autre note fort intéressante. On a souvent pensé que le congé du premier dimanche était pour apaiser les voisins qui devaient endurer des milliers d’amateurs de tennis durant deux semaines, le communiqué indiquait que « contrairement à la croyance populaire, le premier dimanche n’est pas une question de tradition. C’est plutôt une partie importante du travail d’entretien de l’équipe du site, car cela lui permet d’arroser abondamment le gazon afin qu’il puisse récupérer des sévices de la semaine précédente et ainsi offrir les meilleures conditions possible pour la semaine à venir. »

Lors de l’une de mes premières visites à Wimbledon dans les années 1970, un groupe de joueurs, y compris l’Américain Gene Mayer et son frère Sandy, parlait du jeu sur le gazon. Un disait qu’il était très important de ne pas changer ses coups sur le gazon, de ne pas modifier son corridor de frappe, car les joueurs ont tendance à devenir un peu plus hésitants en raison du rebond parfois capricieux de la balle.

Durant Wimbledon, Andre Agassi avait l’habitude de s’entraîner sur une surface dure pour, comme il l’expliquait, retrouver son rythme de frappe sur un terrain sans surprises.

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Il ne fait pas de doute que le gazon a changé – ou, plus précisément, le sol sous les brins d’ivraie. Il y a quelques années, le chef de l’entretien, Eddie Seaward, confirmait que toutes les spéculations à propos de la lenteur des terrains avaient beaucoup à voir avec la composition du sol qui avait été raffermi pour prévenir l’usure des terrains. Cela permettait à la balle de rebondir plus haut et de ne pas glisser aussi bas et aussi rapidement.

On a beaucoup parlé du changement dans le tennis masculin qui est passé sur style service-volée à quelque chose comme les finales de 1994 et de 1998 entre Pete Sampras et Goran Ivanisevic lors desquelles on pouvait compter les échanges sur les doigts de nos mains.

Lorsqu’il a remporté Wimbledon pour la première fois en 2003, Federer a fait l’enchaînement service-volée sur 50 pour cent de ses premières balles. L’année suivante, ce pourcentage était réduit de moitié et en 2012, alors qu’il mettait la main sur son septième trophée, il était sous les 10 pour cent.

Toutefois, selon le journaliste américain Carl Bialik, ce pourcentage était de 23 à ses cinq premiers tours l’an dernier.

Il est certain que les terrains sont un peu plus lents, mais sur le gazon, l’avantage ira toujours au serveur, ou à ceux qui font service-volée aux moments judicieux.

Tous ceux qui ont regardé la finale de Stuttgart entre Rafael Nadal et Viktor Troicki, dimanche, ont pu constater qu’un très grand nombre de points ont été marqués par un ace ou un service gagnant même si Nadal et Troicki ne sont pas les serveurs les plus puissants du circuit.

Raonic, notamment, devrait être largement avantagé à Wimbledon.

Néanmoins, Wimbledon, comme tous les autres tournois du Grand Chelem, présente d’autres défis. La météo en est un. Il est peut-être exagéré de croire qu’il pleut souvent durant la prestigieuse quinzaine – en fait, l’expression « température de Wimbledon » tait jadis synonyme de journées d’été agréables à Londres.

Le problème est que toute précipitation, si petite soit-elle, rend les terrains très glissants et donc impraticables, tant pour la sécurité des joueurs que pour l’usure des terrains.

Il y a des lunes, l’Américain Jimmy Arias, qui a déjà été cinquième mondial en 1984, a vécu une expérience amère à Wimbledon. « J’ai joué en 1985 et en 1987 et je devais jouer la première journée, premier match – et je n’ai pas joué le lundi, je n’ai pas joué le mardi, mais bien le mercredi en fin de journée », se rappelait-il. « Il a plu et j’ai dû rester là à attendre, car ils n’annulent jamais le premier match avant la fin de la journée. J’ai donc dû rester là de 10 h à 19 h. Je n’en pouvais plus et j’ai dit “oublie ça”, je ne referai plus jamais ça. »

En fait, c’est ce qui est arrivé, il n’est jamais retourné à Wimbledon avant de prendre sa retraite en 1994.

Le toit rétractable du court central ne résout qu’une infime partie du problème s’il pleut les deux premières journées, car il y a 128 matchs de premier tour hommes et femmes à l’horaire.

Raonic, 24 ans, Bouchard, 21 ans, et d’autres jeunes joueurs comme Vasek Pospisil, 24 ans, s’habituent peu à peu aux aléas du tennis sur gazon, à l’expérience globale de Wimbledon et à tous les facteurs qui transforment la conquête du plus prestigieux titre en défi considérable.

Roger et le blanc

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« J’adore Wimbledon, mais ils sont allés un peu trop loin. » C’est en ces termes que s’exprimait le septuple champion à propos du code vestimentaire de Wimbledon.

En 1963, Wimbledon a instauré la règle du « blanc prédominant » qui est restée en vigueur jusqu’en 1995 alors que ce règlement devenait plus sévère t exigeait « presque entièrement blanc. »

Federer a également commenté que « les règlements devenaient ridiculement stricts. »

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Il est difficile d’être en désaccord avec Federer. À cause de cette restriction « presque entièrement blanc », il n’y a pas de place pour la créativité dans la conception des vêtements et les joueurs ne peuvent exprimer leur individualité. Regardez des photos – Stefan Edberg, à gauche, portant son chandail adidas SE en 1988, et John McEnroe dans son Sergio Tacchini en 1981. Ils ne sont pas trop colorés, mais seraient illégaux aujourd’hui.

Le blanc traditionnel sied bien au gazon de Wimbledon, mais les limites actuelles sont extrêmes et nous retournent au début du 19esiècle.

J’ai toujours cru qu’il aurait été « cool » qu’Andre Agassi porte un chandail blanc décoré de A – AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA – sur le devant. Mais c’est un non-non à Wimbledon. La politique actuelle est une règlementation désuète qui n’appartient pas au tennis d’aujourd’hui. Cela étouffe l’imagination qui pourrait ajouter un peu de couleur et de personnalité aux vedettes du sport.

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Voici la politique vestimentaire publiée dans Wimbledon.com :

Les règlements suivants s’appliquent à tous les vêtements, y compris les survêtements et les chandails portés sur les terrains des Championnats pour l’entraînement et pour les matchs.

  1. Les concurrents doivent porter des vêtements de tennis convenables qui sont presque entièrement blancs et ceci est en vigueur à partir du moment où le joueur entre dans le pourtour du terrain.
  2. Blanc ne comprend pas le blanc cassé et le crème.
  3. Il ne doit pas y avoir de masse ou de pan coloré. Une garniture de couleur autour du cou ou à l’extrémité des manches est permise pourvu qu’elle ne soit pas plus large qu’un centimètre (10 mm).
  4. La couleur contenue dans les motifs sera mesurée comme si c’était une masse de couleur et devra être dans les limites du centimètre (10 mm). Les logos formés de variations de tissus ou de motifs ne sont pas acceptés.
  5. Le dos du polo, de la robe, du survêtement ou du chandail doit être entièrement blanc.
  6. Les shorts, les jupes et les bas de survêtements doivent être entièrement blancs sauf pour une garniture de couleur le long de la couture apparente ne dépassant pas un centimètre (10 mm) de largeur.
  7. Les casquettes, les serre-têtes, les bandeaux, les poignets et les chaussettes doivent être entièrement blancs sauf pour une garniture de couleur ne dépassant pas un centimètre (10 mm) de largeur.
  8. Les souliers doivent être presque entièrement blancs, y compris la semelle. Les gros logos de manufacturiers ne sont pas recommandés. Les souliers pour le gazon doivent se conformer aux règlements des Grands Chelems. Principalement, les souliers avec des picots autour de l’extérieur des orteils ne sont pas permis. La bande de renfort autour des orteils doit être lisse.
  9. Les sous-vêtements qui sont ou pourraient être visibles durant le jeu (y compris à cause de la transpiration) doivent être entièrement blancs sauf pour une garniture de couleur ne dépassant pas un centimètre (10 mm) de largeur. De plus, la décence la plus élémentaire est requise en tout temps.
  10. Si possible, les orthèses et l’équipement doivent être blancs, mais pourraient être de couleur si cela est absolument nécessaire.

Un code vestimentaire un peu moins sévère est en vigueur aux terrains d’entraînement du parc Aorangi.

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Les terrains d’entraînement du parc Aorangi (ci-dessus) sont le seul endroit du All England Club où les joueurs n’ont pas besoin d’être blancs comme neige.

L’établissement des têtes de série

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Chaque année, les gens se demandent comment Wimbledon procède pour établir les têtes de série. Voici donc :

CALCULS :

HOMMES

Les têtes de série sont les 32 meilleurs joueurs du classement de l’ATP World Tour, MAIS sont réorganisées selon un système tenant compte de la surface. Depuis 2002, conformément à une entente prise avec l’ATP, il n’y a pas de comité pour l’établissement des têtes de série du simple masculin. L’ordre est établi selon un système objectif et transparent qui reflète mieux les réalisations des joueurs sur le gazon :

Voici la formule :

  • Prendre les points ATP au 22 juin 2015
  • Ajouter 100 % des points gagnés lors de tous les tournois sur gazon des 12 derniers mois
  • Ajouter 75 % des points gagnés lors du meilleur tournoi sur gazon d’il y a deux ans.

FEMMES

L’établissement des têtes de série suit le classement de la WTA à moins que, selon l’opinion du comité, une modification soit nécessaire pour produire un tableau équilibré.

Lorsque l’entraîneur de Milos avait des cheveux comme ceux de Milos