Pleins feux sur les joueurs canadiens à la Coupe Rogers

dimanche, 4 Août

Le Canada était à l’honneur à la Coupe Rogers présentée par Banque Nationale samedi, alors que cinq représentants de l’unifolié se sont présentés devant les médias pour donner leurs impressions sur le tournoi, discuter des obstacles qu’ils ont dû franchir au cours des derniers mois et des faits d’armes de leurs compatriotes, entre autres choses.

Mais un sujet en particulier était sur toutes les lèvres ; l’ascension fulgurante du Québécois Félix Auger-Aliassime en 2019, lui qui en est à sa toute première participation au tournoi montréalais.

« Il est tout simplement constant », a évoqué Milos Raonic. « L’an dernier, même s’il réussissait à jouer du tennis de haut calibre, il lui arrivait de rater quelques échanges ou de perdre le contrôle de ses matchs durant un moment, et je pense que c’est ce qu’il a le plus amélioré. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il s’est aussi beaucoup développé physiquement pour un gars de son âge et il est très mature dans son approche par rapport à son tennis. »

Photo : Pascal Ratthé / Tennis Canada

Après avoir commencé l’année au 106e rang mondial, Auger-Aliassime amorcera son parcours à la Coupe Rogers mardi après-midi au 21e échelon du classement de l’ATP.

« Dans la dernière année, ça a beaucoup changé pour moi, juste par l’intérêt que les gens ont et par le fait que je me fais un peu reconnaître – non seulement à Montréal, mais aussi à l’extérieur du pays », a-t-il mentionné. « Donc c’est certain que pour un joueur de 18 ans, ça change une vie. Mais j’essaie de rester moi-même et d’avoir un quotidien normal. »

« Le niveau d’attention n’est pas le même, c’est certain. J’ai eu ma première séance d’entraînement [vendredi] et je ne m’attendais à y voir personne, mais finalement c’était plein à craquer et tout le monde semblait heureux de venir m’encourager, alors c’est évidemment très différent. Je mentirais si je disais que lorsque je mets les pieds sur le terrain [à Montréal], c’est comme n’importe quel autre tournoi. C’est particulier. »

Le fait que l’adversaire d’Auger-Aliassime au premier tour ne soit nul autre que son compatriote Vasek Pospisil a aussi suscité des réactions chez les joueurs canadiens, qui n’en croyaient tout simplement pas leurs yeux lorsqu’ils ont vu les résultats du tirage au sort de vendredi.

« Je croyais que c’était une blague », a confié Pospisil. « Quand [mon entraîneur] Frank Dancevic me l’a dit, pendant cinq minutes je lui répétais, “Mais non, arrête, sérieusement dis-moi qui je vais affronter”. »

Photo : Pascal Ratthé / Tennis Canada

Lors de l’édition 2017 du tournoi, alors qu’on célébrait les 10 ans d’existence du Centre national d’entraînement et que Denis Shapovalov éliminait tour à tour Juan Martin del Potro et Rafael Nadal pour atteindre la demi-finale de la Coupe Rogers à sa toute première année chez les pros, Auger-Aliassime avait été réduit à un rôle de spectateur en raison d’une blessure au poignet gauche.

Il avait tout de même fait quelques apparitions au Stade IGA cette année-là et avait agi comme « famille d’accueil » pour son bon ami Shapovalov, qui avait passé la semaine en pension chez les Auger-Aliassime.

« C’est vrai qu’à l’époque, ça m’avait inspiré [de voir les succès de Denis] parce qu’on est proche, c’est un bon ami à moi, a indiqué le Québécois de 18 ans. Et de voir qu’il avait été capable de faire quelque chose comme ça, ça m’avait fait dire “OK, peut-être que mon moment va arriver”. Ça m’a motivé, mais au moment où on se parle, je ne pense pas à ce qui s’est passé il y a deux ans.

« On ne cohabite plus, il est rendu à un autre niveau et moi aussi (rires). Maintenant, il a sa propre chambre. »

Les confidences de Shapo

Photo : Pascal Ratthé / Tennis Canada

Depuis ses performances étincelantes à Miami en mars dernier, où il s’est rendu jusqu’en demi-finale, Shapovalov n’a signé que deux victoires en neuf tournois. Cette disette a ébranlé sa confiance et l’a amené à prendre une pause, lui qui a fait le choix de ne pas prendre part au tournoi de Washington qui a débuté la semaine dernière afin de se changer les idées.

« J’ai passé du temps avec des amis, des proches. J’ai simplement pris congé du tennis, a expliqué Shapovalov. Je suis allé à Niagara Falls, je me suis promené au centre-ville de Toronto, j’ai joué aux arcades, ce genre de choses. Je suis passé d’être un joueur de tennis à être un ado ou un jeune adulte. J’ai complètement arrêté de penser au tennis pendant environ deux semaines. Mais vers la fin, j’avais vraiment hâte de revenir sur les courts, de recommencer à m’entraîner et c’est là que j’ai su qu’il était temps que je m’y remette. Et depuis, je suis vraiment motivé à retrouver mon plus haut niveau. »

Heureusement pour Shapovalov, il a bien choisi son tournoi de retour ; impossible de ne pas se sentir en confiance quand tout à Montréal lui rappelle ses succès fulgurants de 2017.

« Dès la première balle que j’ai frappée ici, je me suis senti à la maison », a-t-il dit. « Je me sens tellement à l’aise. Je suis vraiment excité d’être de retour à Montréal devant cette foule qui, je crois, m’a beaucoup aimé il y a deux ans, en espérant que ce soit toujours le cas. C’est super de revenir ici, surtout alors que je n’ai pas vraiment connu mes deux meilleurs mois. C’est génial d’être de retour dans une ville où tu sens qu’on t’apprécie et que tout le monde est derrière toi, en plus de tous les merveilleux souvenirs que je garde de ce tournoi. »

Une première pour Galarneau

Alexis Galarneau, qui évolue présentement dans les rangs universitaires américains, a connu une journée de rêve samedi malgré une défaite au premier tour des qualifications.

Le Lavallois de 20 ans en était à sa première participation à la Coupe Rogers, un moment qui sera à jamais gravé dans sa mémoire.  

« C’était une très belle expérience, je ne vais jamais oublier ce moment », a-t-il mentionné. « Jouer devant ma famille, mes amis, c’était extraordinaire. J’ai une grosse famille et je les entendais crier dans la foule. Ils sont très bruyants et j’ai beaucoup apprécié leur soutien. » Galarneau, qui a bien fait en juillet sur le circuit Challenger à Gatineau et à Granby, prévoit disputer le Challenger de Vancouver pour compléter sa saison estivale et retourner en Caroline du Nord afin de terminer son dernier semestre à l’Université NC Stade en finances. Et dès janvier, il se replongera dans le circuit Challenger et amorcera officiellement sa carrière chez les pros.

(Photo en vedette : Pascal Ratthé / Tennis Canada)

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