Un autre genre de bataille pour Andy Murray

lundi, 5 Août

Au cours de sa carrière, Andy Murray a disputé plusieurs bonnes batailles sur les courts.

On n’a qu’à penser à son duel épique de plus de cinq heures contre l’Argentin Juan Martin del Potro en demi-finale de la Coupe Davis en 2016, ou au titre qu’il a décroché à Wimbledon en 2012 face au Serbe Novak Djokovic après une lutte de 4 h 54, une des plus longues finales de l’histoire du sport.

Mais depuis quelques années, ce sont les blessures qui lui livrent un combat sans merci.

En janvier dernier, l’Écossais avait créé une onde de choc dans le milieu du tennis en annonçant, lors d’une conférence de presse haute en émotions, qu’il comptait accrocher sa raquette après le tournoi de Wimbledon 2019 — si ce n’était pas plus tôt — en raison de ses douleurs à la hanche qui persistaient depuis juin 2016.

Heureusement pour lui – et pour nous – il a finalement été en mesure de reprendre l’entraînement à la suite de son opération et de retrouver un niveau de compétition assez élevé pour amorcer son retour en double au tournoi de Queen’s en juin, tournoi qu’il a d’ailleurs remporté avec l’Espagnol Feliciano Lopez.

Photo : Pascal Ratthé / Tennis Canada

Questionné dimanche à savoir s’il avait fait un travail d’introspection ou appris des choses sur lui-même au cours de ces longues périodes loin des courts, Murray a dû d’abord prendre une pause pour bien réfléchir à sa réponse.

« Je ne sais pas si j’ai vraiment appris de nouvelles choses sur moi, mais si je réussis à revenir à du jeu de haut calibre en simple, ç’aura été une des choses les plus difficiles que j’aurai faites dans ma vie », a-t-il dit. « Les dernières années ont été extrêmement ardues et il y a eu des moments où j’ai voulu tout arrêter. Les gens autour de moi m’ont poussé à continuer, mais en fin de compte, c’est toi qui dois vraiment vouloir passer à travers tout cet entraînement et toute cette rééducation. Je pense avoir toujours persévéré et travaillé fort sur le terrain depuis le début de ma carrière, mais là c’est vraiment un autre genre de bataille que j’ai dû livrer à l’extérieur du court. J’ai été assez chanceux dans la vie, j’ai eu une belle enfance. C’est la première fois où j’ai eu à me battre pour le tennis, alors j’imagine qu’on peut considérer cela comme un apprentissage. »

« En plus de cela, si je n’arrive plus à jouer au tennis, je serai tout aussi heureux. J’ai toujours cru que le tennis était ce qu’il y avait de plus important pour moi parce que ça fait partie de ma vie depuis tellement longtemps. Mais récemment, quand je me suis débarrassé de mes douleurs à la hanche et que je n’avais pas encore repris la compétition, que je ne frappais pas de balles, j’adorais ça. Je ne suis donc pas inquiet de ce qui arriverait si j’arrêtais de jouer dans trois mois ou dans un an. Je sais que je serai heureux et que j’aurai une belle vie, une chose qui m’inquiétait il y a environ un an et demi. »

Un retour en simple imminent

La semaine dernière, Murray avait révélé en entrevue que dans un monde idéal, il reprendrait la compétition en simple au tournoi de Cincinnati, la semaine suivant la Coupe Rogers. Il a cependant tenu à rectifier le tir dimanche à Montréal.

« Je ne suis pas pressé », a-t-il rappelé. « Ça se passe bien à l’entraînement, mon équipe et moi avons établi une stratégie pour que je progresse à un rythme adéquat, sans presse, mais aussi sans que ça soit trop long pour que ça ne devienne pas frustrant. Je dispute des matchs compétitifs en double et je m’entraîne avec certains des meilleurs joueurs, ce qui fait que je peux vraiment savoir où en est mon jeu. » « Quand je serai prêt, je me lancerai. Et cette semaine, je ne l’étais tout simplement pas assez. Même si mon équipe trouvait que je paraissais bien sur le terrain, je n’étais pas convaincu. Mais c’est correct puisque je n’ai pas besoin de jouer en ce moment. Ce serait génial, mais ce n’est pas nécessaire. Je me sens bien et tout se passe à merveille. »

Mots-clés