Wimbledon et la Coupe Rogers ont une partie importante de l’histoire en commun

mercredi, 3 Juil

Le mois de juillet marque toujours une période importante de l’année pour le tennis. Trois semaines à peine après la transition de la terre battue vers le gazon, tous les regards se posent sur le All England Club de Londres, site de l’un de plus anciens et des plus prestigieux tournois du monde, Wimbledon.

Mais saviez-vous que quatre ans seulement après le début de Wimbledon en 1877, les premiers Championnats canadiens ont eu lieu à Toronto ?

Croyez-le ou non, la Coupe Rogers présentée par Banque Nationale est le troisième plus ancien tournoi du monde après Wimbledon et les Internationaux des États-Unis. Bien que la Coupe Rogers et Wimbledon se déroulent sur des surfaces différentes à des mois différents, ils sont liés par une intéressante histoire.

Des débuts sur le gazon

Courts de tennis à Toronto en juillet 1984

Avant que la Coupe Rogers ne soit disputée sur une surface dure, le tournoi était présenté sur du gazon, tout comme Wimbledon.

La toute première édition de la Coupe Rogers, en 1881, s’est déroulée sur trois courts gazonnés au Toronto Lawn Tennis Club, situé sur le terrain de l’hôtel Palace. En 1892, huit ans après que le All England Club a eu organisé son premier tournoi annuel féminin, les femmes ont officiellement concouru au Canada. Les championnats masculins et féminins ont été disputés à Toronto jusqu’à ce que le tournoi soit déménagé à Niagara-on-the-Lake en 1885 durant près de deux décennies.

Après cela, le tournoi s’est promené dans plusieurs villes hôtes canadiennes, comme Vancouver, Victoria, Québec, Winnipeg, Halifax et Ottawa avant de s’installer à Toronto et à Montréal. Au cours de ces déplacements, la surface de jeu est passée du gazon à la terre battue pendant la majeure partie du 20e siècle, jusqu’en 1979, lorsque les courts d’argile de l’Université York ont été recouverts de Deco Turf, la même surface dure utilisée aux Internationaux des États-Unis.

Une liste exceptionnelle de championnes

Chris Evert durant la Coupe Rogers de 1981 à Montreal

La Coupe Rogers et Wimbledon comptent beaucoup de remarquables championnes. Au cours de leur carrière, d’ex-numéros un mondiales comme Martina Hingis, Evonne Goolagong Cawley et Serena Williams ont toutes réussi à remporter les deux tournois.

Toutefois, seules quelques rares joueuses de l’ère ouverte sont parvenues à mettre la main sur le trophée de la Coupe Rogers et de Wimbledon la même année. Dans ce que l’on pourrait qualifier de « fine fleur » du tennis féminin, seules quatre joueuses ont réussi cet exploit depuis 1968.

Steffi Graf durant la Coupe Rogers de 1995 à Toronto

La dernière à l’avoir réalisé est Steffi Graf, il y a 26 ans. Cela faisait partie d’un parcours exceptionnel où l’Allemande a remporté 81 de ses 83 matchs entre 1993 et 1994. Dix ans plus tôt, Martina Navratilova avait fait un peu mieux que son homologue. Après avoir conquis les grands honneurs de Wimbledon et de la Coupe Rogers en 1982, Navratilova a répété son exploit l’année suivante. En 1983, elle a accumulé une fiche de 86 victoires et 1 défaite, ce qui, à ce jour, demeure le meilleur pourcentage de gains en une seule saison depuis le début de l’ère ouverte.

En 1974, Chris Evert a vogué sur une séquence victorieuse de 55 matchs pour devenir la championne à Londres et à Toronto. Cela s’est passé quatre ans après que Margaret Court soit devenue la première joueuse de l’ère ouverte à être couronnée à Wimbledon et à la Coupe Rogers la même année. Au cours de la saison 1970, Court était aussi devenue la première de deux joueuses à remporter les quatre épreuves du Grand Chelem la même année. L’autre étant Graff en 1988.

À maintes reprises, les Canadiens écrivent des pages de l’histoire à Wimbledon

Photo: Susan Mullane

C’est peut-être le fait que la fête du Canada ait lieu durant Wimbledon. Mais peu importe la raison, plusieurs des plus grands moments de nos joueurs sont survenus au All England Club.

Tout a commencé en 2008. Le Canadien Daniel Nestor, qui comptait déjà une médaille d’or olympique ainsi que les titres des Internationaux d’Australie, de Roland-Garros et des Internationaux des États-Unis, est devenu le troisième joueur de double seulement à compléter un Grand Chelem doré de carrière en décrochant la couronne de Wimbledon.

Quatre ans plus tard, une vague de jeunes talents du pays ont pris d’assaut la pelouse du All England Club. Il a tout d’abord eu Eugenie Bouchard qui, à 18 ans, a vaincu Elina Svitolina en finale des épreuves juniors de Wimbledon, devenant par le fait même la première représentante du pays, homme ou femme, junior ou pro, à décrocher un titre de simple d’un tournoi du Grand Chelem.

Photo: Glyn Kirk/AFP/Getty Images

Le lendemain, Filip Peliwo était couronné champion chez les garçons. En plus d’être le deuxième Canadien à remporter un trophée de simple de Grand Chelem, Peliwo s’est hissé au sommet du classement mondial junior à la suite de ses prestations à Wimbledon. Avant lui, aucun de ses compatriotes n’avait réussi cet exploit.

De retour à Londres en 2014, Bouchard a écrit une autre page de l’histoire. Malgré sa défaite aux mains de Petra Kvitova, Eugenie devient la première Canadienne à atteindre la finale du simple d’un Grand Chelem chez les pros. Deux ans plus tard, Milos Raonic l’imitait en participant au match de championnat de 2016, ce qui faisait le lui le premier Canadien à obtenir cette distinction. Plus tôt le même jour, Denis Shapovalov, qui avait 17 ans, est devenu le troisième Canadien à remporter un titre junior du Grand Chelem en mettant la main sur le trophée du simple de Wimbledon.

Les athlètes canadiens ont également signé leurs meilleurs résultats de double à Wimbledon. Jumelé à l’Américain Jack Sock, Vasek Pospisil a mis la main sur son premier, et son seul, titre du Grand Chelem à Londres, en 2014, tandis que la demi-finale de Gabriela Dabrowski de l’an dernier est sa meilleure prestation en double féminin dans un tournoi du Grand Chelem.

Espérons que l’édition 2019 de Wimbledon soit la scène d’autres moments magiques pour nos Canadiens.

(Photo by Clive Brunskill/Getty Images)

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